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Ce qui réveille les morts où comment T. Kingfisher réécrit Poe : Allergique aux champignons s’abstenir !
Il fallait oser s'attaquer à La chute de la maison Usher. Depuis sa publication en 1839, la nouvelle d'EEdgar Allan Poe est devenue l'un des monuments du gothique fantastique : une demeure qui semble malade, une famille condamnée, des jumeaux inquiétants, un lac noir, une atmosphère de pourriture et cette impression tenace que la maison elle-même respire la mort. Le texte a depuis inspiré films, opéras, bandes dessinées et, plus récemment, la remarquable série de Mike Flanagan. Autant dire que reprendre ce matériau sans produire une énième variation poussiéreuse du classique relevait du défi. T. Kingfisher choisit une solution aussi simple qu'efficace : elle ne cherche pas à faire mieux que Poe. Elle cherche à comprendre ce qu'il avait laissé dans les coins. Et notamment… les champignons.Car c'est en relisant La Chute de la maison Usher que l'autrice s'est interrogée sur l'omniprésence de la moisissure et des émanations fongiques dans le texte de Poe. Pourquoi tant de champignons ? Pourquoi cette végétation maladive autour de la demeure ? Pourquoi Madeline est-elle malade ? Et surtout : qu'est-ce qui se passerait si l'on prenait littéralement tous ces indices que Poe semblait avoir déposés sans les exploiter complètement ?La réponse s'appelle Ce qui réveille les morts. Et elle est franchement peu ragoûtante.T. Kingfisher, ou l'art de raconter des histoires qui ont des dentsSous le pseudonyme de T. Kingfisher, Ursula Vernon s'est imposée comme l'une des voix les plus singulières de la fantasy et de l'horreur contemporaines. Son parcours est déjà atypique : artiste et créatrice de bandes dessinées, elle développe une littérature adulte où se croisent contes de fées, folklore, horreur gothique, créatures inquiétantes et… un humour absolument réjouissant. Vous pouvez déjà découvrir deux merveilles chez Verso : Nettle and Bone, et Quand vient la Sorcière, des romans qui montrent son goût pour les récits familiers qu'elle aime tordre jusqu'à ce qu'ils deviennent autre chose.Et Kingfisher a de sérieux arguments pour revendiquer sa place dans le paysage de l'imaginaire contemporain. Nettle & Bone a remporté le Hugo du meilleur roman en 2023, tandis que plusieurs de ses textes ont également été récompensés par les Hugo, Nebula ou Locus.Mais ce qui rend son travail particulièrement reconnaissable, c'est ce mélange improbable : elle peut faire rire au milieu d'une scène franchement horrible sans jamais détruire l'horreur.C'est précisément cette recette que l'on retrouve dans Ce qui réveille les morts.Un petit tour à la maison UsherAlex Easton est un ancien soldat qui reçoit des nouvelles inquiétantes de son amie d'enfance Madeline Usher. Elle est très gravement malade et son frère Roderick semble penser qu’elle va mourir. Alex se rend donc à la demeure familiale des Usher, isolée dans une campagne aussi peu accueillante que possible.Et évidemment, rien ne va.La maison est délabrée. La végétation environnante semble anormalement agressive. L’étang voisin est franchement sinistre. Madeline n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle se comporte de manière de plus en plus étrange. Roderick, lui aussi très mal en point, semble incapable de faire face à la situation. Il paraît consumé par une maladie nerveuse. Et autour de la demeure, les animaux ne se comportent pas exactement comme des animaux devraient le faire.Pour tenter de comprendre ce qui arrive aux deux Usher, Alex pourra compter sur un médecin américain et sur Eugenia Potter, une mycologue britannique aussi passionnée que pragmatique.À partir de là, Kingfisher reprend les grandes lignes de Poe… avant de commencer à creuser sous la maison. Et quelque chose pousse en dessous.Sans spoiler : si vous connaissez la nouvelle originale, vous reconnaîtrez immédiatement les lieux, les personnages et plusieurs situations emblématiques. Mais vous ne saurez pas pour autant exactement où l'histoire va vous emmener.Poe, mais avec des champignonsLa grande réussite de cette version est de ne jamais se contenter d'une simple modernisation. Kingfisher conserve véritablement l'ADN de Poe.La maison reste malade. La famille reste condamnée. Le lac reste inquiétant. Madeline reste au centre de cette mécanique funèbre. Et Roderick demeure cette figure fascinante d'homme qui semble percevoir l'horreur avant tout le monde.Mais là où Poe travaillait principalement sur l'incertitude, la suggestion et l'effondrement psychologique, Kingfisher introduit une logique presque biologique. La peur change alors de nature.Chez Poe, on se demande constamment : est-ce surnaturel ou est-ce la folie ?Chez Kingfisher, la question devient plutôt : est-ce vivant ?Et c'est beaucoup plus répugnant. La romancière transforme ainsi la matière gothique de Poe en une véritable horreur organique. Les champignons, les racines, les animaux contaminés, l'humidité, la végétation : tout participe à une sensation de prolifération. La maison n'est plus seulement hantée. Elle semble infectée. Ce glissement est particulièrement intelligent parce qu'il ne trahit pas Poe : il amplifie des éléments déjà présents dans son texte.Kingfisher ne pose donc pas une nouvelle histoire sur les ruines de la précédente. Elle regarde les ruines et demande : qu'est-ce qui pousse là-dessous ?Un narrateur qui change toutL'autre excellente idée du roman est Alex Easton.Le narrateur anonyme de Poe devient ici un ancien soldat originaire de Gallacia, doté d'une culture, d'une histoire et d'une langue propres. Alex utilise notamment des pronoms spécifiques liés à sa culture militaire, ce qui permet à Kingfisher d'introduire une réflexion sur le genre et l'identité sans transformer son récit en manifeste. Surtout, Alex est formidablement décalé. Face à une maison gothique qui semble sortie directement d'un cauchemar de Poe, on pourrait attendre un personnage terrorisé, paralysé par les événements.Pas Alex. Alex est un ancien militaire. Alex analyse. Alex constate. Alex prend des décisions. Et parfois, Alex semble surtout se demander pourquoi tout le monde autour de lui complique autant une situation qui pourrait être résolue avec quelques mesures de bon sens. Ce décalage donne au roman une voix très particulière. L'horreur existe bel et bien, mais elle est observée par quelqu'un qui refuse de lui donner plus d'importance que nécessaire.C'est là que l'humour de Kingfisher intervient. Il ne sert pas à faire retomber la tension. Il sert à rendre les personnages humains. Et c'est probablement l'une des grandes différences avec Poe : Kingfisher veut que l'on s'attache aux gens avant d'avoir peur pour eux.Le gothique version KingfisherVisuellement et sensoriellement, le roman est une réussite. C’est glauque, écœurant et tragique. La demeure des Usher est humide, décrépite, malade. L’étang et la végétation forment autour d'elle une sorte d'écosystème hostile. Les champignons deviennent progressivement beaucoup plus qu'un élément de décor. On retrouve ici une caractéristique essentielle de Kingfisher : son horreur est souvent très concrète.Elle aime les choses qui poussent là où elles ne devraient pas pousser. Les corps qui changent. Les animaux qui se comportent étrangement. Les maisons qui cachent un secret. Les vieilles histoires que les personnages modernes préfèrent considérer comme des superstitions.Mais elle aime également donner à ses monstres une matérialité presque scientifique. Dans Ce qui réveille les morts, la mycologie joue ainsi un rôle essentiel. Eugenia Potter apporte au récit une dimension d'enquête qui permet à Kingfisher de jouer avec cette frontière particulièrement savoureuse entre science et fantastique.On cherche une explication. On trouve une explication. Comme Alex. Et l'explication n'est pas forcément rassurante.Une réécriture qui sait pourquoi elle existeC'est finalement là que le livre gagne ses galons de véritable réécriture littéraire. Une mauvaise adaptation de classique se contente souvent de changer les costumes. Kingfisher change le regard.Elle conserve la structure fondamentale de Poe mais s'intéresse à ce que la nouvelle originale laissait volontairement dans l'ombre : la maladie de Madeline, la nature de l'environnement, les comportements des animaux, l'histoire familiale, la psychologie des personnages.Elle donne aussi une nouvelle existence à des éléments secondaires. Et elle fait quelque chose de particulièrement appréciable : elle ne demande pas au lecteur de connaître Poe pour fonctionner.Bien sûr, avoir lu La Chute de la maison Usher enrichit considérablement l'expérience. On reconnaît les motifs, les échos, les scènes et les détournements. Mais Ce qui réveille les morts reste parfaitement lisible comme récit d'horreur autonome.C'est d'ailleurs probablement la meilleure manière de réussir une réécriture : permettre au lecteur connaisseur de savourer les références tout en laissant le néophyte entrer par la grande porte.Une novella courte, mais pas légèreLe récit est particulièrement compact. Et c'est une bonne chose. Kingfisher ne dilue pas son idée. La maison est inquiétante ? On y entre. Les personnages sont malades ? On cherche pourquoi. Quelque chose pousse dans les environs ? On regarde. Très vite, le récit avance.Cette efficacité explique aussi pourquoi le livre fonctionne particulièrement bien comme récit horrifique : il n'y a pas suffisamment de temps pour que l'atmosphère retombe. On reste enfermé avec les personnages, dans cette maison, avec cette végétation et ce lac. Et plus on comprend ce qui se passe, moins on a envie de comprendre.Vous l’aurez compris, nous sommes face à une excellente réécriture de Poe qui a reçu le prix locus du meilleur roman d’horreur, mais surtout une excellente démonstration de ce que peut être une réécriture réussie. T. Kingfisher ne cherche ni à moderniser artificiellement La Chute de la maison Usher, ni à lui rendre hommage en recopiant ses effets. Elle prend son squelette, observe attentivement les morceaux oubliés — les champignons notamment — puis constr…
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Le Grimoire des Ensorceleuses : Alice Hoffman nous replonge dans la magie des femmes Owens : Des secrets sur le passé enfin dévoilés
Avant la sortie du film Les Ensorceleuses 2, Verso nous invite à retourner dans la maison des Owens. Entre malédiction familiale, sorcellerie et histoires d'amour, Le Grimoire des Ensorceleuses offre une suite aussi poétique que mélancolique à une histoire devenue culte.Il aura fallu attendre pour que les lecteurs français puissent enfin découvrir l'intégralité de l'histoire des Owens. Après Les Ensorceleuses, publié en juillet, Le Grimoire des Ensorceleuses vient apporter des réponses à la malédiction imaginée par Alice Hoffman. Le roman réunit trois générations de femmes Owens et révèle le passé de cette famille de sorcières.Et si le roman arrive aujourd'hui en librairie française à quelques jours de la sortie du film Les Ensorceleuses 2, il ne faut surtout pas s'attendre à un simple produit dérivé du cinéma. Alice Hoffman propose quelque chose de beaucoup plus intime : une véritable réflexion sur l'amour, la transmission et le poids des héritages familiaux.La malédiction des Owens n'a pas dit son dernier motDepuis plus de trois cents ans, les femmes Owens vivent avec une terrible malédiction : celles qu'elles aiment sont condamnées à mourir. Cette malédiction, qui constituait déjà le cœur du premier roman, revient ici au premier plan. Lorsque Gideon, le jeune homme aimé par Kylie, la fille de Sally, est victime d'un grave accident, la nouvelle génération se retrouve confrontée à un héritage dont elle ignorait encore une grande partie des règles.Pour sauver Gideon, Kylie va chercher des réponses dans l'histoire de sa famille. Elle va devoir remonter jusqu'aux origines de la malédiction. Mais cette fois, il ne s'agit plus simplement de survivre à la malédiction. Il faut la briser. Et pour cela, elle aura l’aide des femmes Owens. Elles vont devoir retrouver un mystérieux livre de magie et se lancer dans un voyage qui les conduira de la Nouvelle-Angleterre à Londres, puis jusqu'aux terres anglaises où Maria Owens, leur ancêtre, avait autrefois pratiqué ce que la famille appelle l'Art sans nom.Le cadre change donc régulièrement, mais Alice Hoffman ne perd jamais ce qui fait l'identité de sa saga : chez les Owens, la magie n'est jamais vraiment spectaculaire. Elle est partout. Dans les livres, dans les jardins, dans les recettes, dans les souvenirs, dans les objets transmis de génération en génération. Et surtout dans les liens qui unissent les femmes de cette famille.Trois générations de sorcièresC'est probablement là que réside la plus grande réussite du roman. Le Grimoire des Ensorceleuses n'est pas seulement une histoire de sorcières. C'est une histoire de femmes. Hoffman fait se rencontrer plusieurs générations des Owens : les sœurs Sally et Gillian, leurs tantes Jet et Franny, mais aussi Kylie et Antonia, la nouvelle génération. Même Vincent, le frère longtemps disparu, retrouve une place dans cette grande histoire familiale.Chacune entretient un rapport différent avec la magie. Certaines l'acceptent. D'autres la refusent. Certaines la considèrent comme une malédiction. D'autres comme un don. Et c'est justement cette opposition qui donne au roman sa dimension la plus intéressante : que transmet-on réellement à ses enfants ? Un pouvoir ? Une histoire ? Une peur ? Ou simplement les erreurs que l'on a soi-même héritées de ses parents ? Sally, notamment, a toujours cherché à protéger ses filles en les tenant éloignées de la magie. Mais vouloir protéger ses enfants du passé revient parfois à leur transmettre une ignorance qui peut être tout aussi dangereuse.Hoffman transforme ainsi la malédiction fantastique en une métaphore particulièrement efficace de la transmission familiale.La magie comme langage des émotionsComme précédemment, Alice Hoffman ne cherche pas à construire une fantasy spectaculaire. Pas de grandes batailles de sorciers, pas de démonstrations de pouvoirs à la Harry Potter. Chez les Owens, la magie est beaucoup plus domestique. Elle se trouve dans une bibliothèque, dans une recette, dans une plante, dans un objet ancien ou dans une histoire racontée par une grand-mère.Cette approche constitue d'ailleurs l'un des charmes persistants de la saga. La magie semble presque naturelle. Elle fait partie du quotidien au lieu de venir le bouleverser. Et c'est précisément ce qui permet à Hoffman de parler de choses beaucoup plus universelles : le deuil, la peur de perdre ceux que l'on aime, la maternité, les relations entre sœurs et, surtout, cette question qui poursuit les Owens depuis trois siècles : peut-on aimer sans avoir peur de perdre ?Le roman rappelle ainsi que le véritable pouvoir des Owens n'est peut-être pas leur capacité à pratiquer la magie. C'est leur capacité à rester ensemble.Alice Hoffman ne raconte plus seulement une nouvelle aventure des Owens. Elle raconte leur histoire. Et cela explique probablement pourquoi le roman possède une tonalité plus mélancolique que les précédents. Certaines figures emblématiques de la famille sont désormais âgées. Le temps a passé. Les enfants ont grandi. Les générations se succèdent.Les personnages sont nombreux, les générations se croisent, les souvenirs des précédents romans reviennent, l'intrigue voyage entre plusieurs pays et la mythologie familiale est encore approfondie. Cette richesse peut parfois devenir une surcharge. Le roman est dense et certains lecteurs risquent notamment de se perdre dans les nombreux personnages et les multiples ramifications de l'arbre généalogique Owens. Pourtant, lorsque le récit se recentre sur les relations entre les membres de la famille, le roman retrouve toute sa force.Et le film dans tout ça ?C'est évidemment la question que se poseront les lecteurs qui découvriront le roman avant la sortie du film.Les Ensorceleuses 2, réalisé par Susanne Bier et porté une nouvelle fois par Sandra Bullock et Nicole Kidman, s'inspire directement de ce roman. Le film sort en France le 9 septembre 2026.Mais il faudra probablement s'attendre à une adaptation qui simplifie considérablement l'histoire. Le cinéma devra nécessairement faire des choix. Et il sera particulièrement intéressant de voir comment Susanne Bier va transformer cette magie très littéraire en images.Le premier film avait déjà profondément modifié le roman original d'Alice Hoffman, en privilégiant davantage la romance, l'humour et l'esthétique gothique.Le nouveau film semble conserver cet esprit tout en mettant l'accent sur la réunion des générations Owens et sur la relation entre les deux sœurs. Sandra Bullock et Nicole Kidman reprennent leurs rôles, tandis que Joey King et Maisie Williams incarnent la nouvelle génération.Le film sera donc probablement plus accessible que le roman. Mais les lecteurs auront, eux, le privilège de connaître toute l'histoire.Une histoire faite de femmes, de secrets, de morts, d'amour et de transmission.À lire avant le 9 septembre pour découvrir la véritable histoire derrière le prochain film culte ? Sans hésiter. Ou bien juste après ! Idéal pour l'auromne.
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Road trip d'une ado et d'un yokai : Une bd haute en couleurs pour la rentrée
Et si fuguer était le début d'une grande aventure ? C'est exactement ce que propose Yasuko, nouvelle série de Julien Frey et Baptiste Pagani publiée chez Ankama.Nous sommes en 1962, à Tokyo. Yasuko est une adolescente de douze ans qui travaille dans un restaurant alors qu'elle devrait encore être au collège. Enfin qui est exploitée par la propriétaire !Son quotidien ne lui convient plus : elle rêve de liberté et surtout, elle veut retrouver son père, parti vivre aux États-Unis pour gagner de l’argent. Alors, elle prend une décision radicale : elle fugue et part seule sur les routes.Sauf qu'elle ne va pas vraiment être seule très longtemps.Dans la mystérieuse Forêt rouge, un yokai nommé Béto reçoit pour mission de l'accompagner. Problème : Béto est loin d'être le compagnon surnaturel idéal. Paresseux, maladroit et plutôt réticent à se mêler des affaires humaines, il va pourtant se retrouver embarqué dans cette quête. Et comme si cela ne suffisait pas, deux yakuzas se lancent à leurs trousses, bien décidés à mettre la main sur le yokai.Et c'est là que Yasuko devient particulièrement réjouissant.Le premier point fort, c'est son héroïne. Yasuko n'est pas une jeune fille qui attend que l'aventure vienne à elle : elle la provoque. Sa fugue est à la fois un acte de rébellion et une quête affective. Derrière l'aventure et le fantastique, le récit parle donc de famille, d'abandon, d'émancipation et de cette envie très adolescente de décider enfin de sa propre vie.Deuxième réussite : le mélange des genres. Frey injecte dans un récit de road-trip des éléments du folklore japonais, avec des yokai qui ne sont jamais de simples monstres. Béto apporte notamment une vraie dose d'humour et évite au récit de devenir trop sérieux.Et puis il y a le dessin de Baptiste Pagani, véritable moteur de la BD. Son trait très dynamique donne une énergie folle aux scènes d'action et restitue avec beaucoup de personnalité le Tokyo des années 1960 très coloré et un peu kitch.Alors oui, ce premier tome va parfois un peu trop vite : en 80 pages, beaucoup de personnages et de pistes sont lancés, et certaines mériteraient davantage de profondeur. Mais difficile de lui reprocher son rythme : Yasuko se lit avec cette sensation agréable de partir en voyage sans savoir exactement où l'on va atterrir.Et Yasuko réussit surtout une chose essentielle pour un premier tome : nous donner envie de prendre immédiatement le prochain train pour connaître la suite.La série est prévue en quatre tomes !
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